Bail commercial 3-6-9
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BAIL COMMERCIAL 3-6-9
Statut des baux commerciaux — articles L. 145-1 et s. du Code de commerce
Entre les soussignés :
La société Acme SAS, SAS au capital de 10 000,00 €, dont le siège social est situé 10 rue de la République, 75001 Paris, immatriculée au RCS de Paris sous le numéro 123456789, représentée par Camille Lefèvre, en sa qualité de Présidente
ci-après désignée « le Bailleur »,
D'une part,
Et :
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Le bail commercial encadre la location d'un local pour une activité commerciale, industrielle ou artisanale. Personnalisez le vôtre en quelques minutes — et comprenez chaque clause grâce à ce guide complet, à jour du droit français.
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Qu'est-ce qu'un bail commercial ?
Le bail commercial est le contrat par lequel un propriétaire (le bailleur) loue un local à un locataire qui y exploite un fonds de commerce, artisanal ou industriel. Il est régi par le statut protecteur des baux commerciaux (articles L.145-1 et suivants du Code de commerce).
Ce statut s'applique dès lors que trois conditions sont réunies : un local (et non un simple emplacement précaire), un fonds de commerce exploité dans ce local, et un locataire immatriculé au registre du commerce et des sociétés ou au répertoire des métiers. Lorsqu'il s'applique, le statut s'impose aux parties : la plupart de ses règles sont d'ordre public et ne peuvent pas être écartées par une simple clause du contrat.
Sa grande spécificité est d'accorder au locataire la « propriété commerciale » : un droit au renouvellement du bail à son échéance, ou, à défaut, une indemnité d'éviction destinée à compenser la perte du fonds. C'est ce qui distingue fondamentalement le bail commercial d'une location classique.
À quoi sert un bail commercial et qui est concerné ?
Le bail commercial sécurise la relation entre le bailleur et le locataire sur le long terme. Il fixe le loyer et ses modalités de révision, la destination des lieux (l'activité autorisée), la répartition des charges et des travaux, et les conditions de sortie. Pour le commerçant, c'est l'assurance de pouvoir développer son activité dans la durée ; pour le propriétaire, c'est un cadre clair et un revenu encadré.
Les parties au contrat
Le bailleur
Le propriétaire du local (ou l'usufruitier, le mandataire dûment habilité). Il garantit au locataire la jouissance paisible des lieux et leur conformité à l'usage prévu.
Le locataire (preneur)
Le commerçant, artisan ou industriel — personne physique ou société — immatriculé, qui exploite son fonds dans le local et verse le loyer.
Bail commercial ou autre contrat ?
Une activité libérale relève en principe du bail professionnel ; une location de courte durée peut relever du bail dérogatoire. Le choix du bon contrat est déterminant : un bail mal qualifié peut être requalifié par le juge.
Quelle est la durée d'un bail commercial ? Le « 3-6-9 »
La durée minimale d'un bail commercial est de 9 ans (article L.145-4 du Code de commerce). C'est l'origine de l'expression « bail 3-6-9 » : le locataire a la faculté de donner congé à l'expiration de chaque période triennale, c'est-à-dire au bout de 3 ans, 6 ans ou 9 ans, en respectant un préavis de 6 mois.
- Durée minimale : 9 ans. Les parties peuvent convenir d'une durée plus longue, mais pas plus courte (sauf bail dérogatoire).
- Résiliation triennale du locataire : possible à chaque échéance triennale, par lettre recommandée ou acte de commissaire de justice, avec un préavis de 6 mois.
- Le bailleur, lui, ne donne congé qu'au terme du bail ou pendant sa prolongation, sauf pour certaines opérations sur l'immeuble que la loi énumère : construction, surélévation, restauration, démolition… (article L.145-4). S'il refuse le renouvellement, il doit en principe une indemnité d'éviction.
Le bail dérogatoire
Pour une durée courte, les parties peuvent conclure un bail dérogatoire, échappant au statut. Sa durée totale, baux successifs compris, ne peut excéder 3 ans (article L.145-5). Au-delà, ou si le locataire reste et est laissé dans les lieux au plus tard à l'issue d'un délai de 1 mois à compter de l'échéance, un bail commercial soumis au statut 3-6-9 naît de plein droit.
Attention au glissement vers le statut
Un locataire encore laissé dans les lieux 1 mois après l'échéance d'un bail dérogatoire tient un bail commercial de plein droit, avec toutes ses protections. Surveillez les échéances de près.
Les mentions et clauses essentielles du bail
Le bail commercial n'a pas à être obligatoirement notarié, mais un écrit complet est indispensable : il sécurise les deux parties et conditionne plusieurs protections (notamment l'opposabilité de certaines clauses). Depuis la loi Pinel, certains documents et mentions sont devenus incontournables.
Désignation des parties et du local
Identité du bailleur et du locataire, description précise du local loué (adresse, surface, locaux accessoires) et de son usage.
Destination des lieux
L'activité autorisée. Une clause « tous commerces » offre de la souplesse ; une destination restreinte encadre l'usage et toute extension suppose une déspécialisation.
Durée et date de prise d'effet
Au minimum 9 ans, avec la faculté de résiliation triennale (sauf exclusion admise pour certains locaux).
Loyer et modalités de révision
Montant initial libre, périodicité de paiement, et clause de révision (révision triennale légale et/ou clause d'échelle mobile). Pour un commerce ou un artisanat, le locataire peut demander à payer chaque mois (article L.145-32-1).
Dépôt de garantie
Pour un commerce ou un artisanat : 3 mois de loyer au plus, sans intérêt (article L.145-40, loi du 26 mai 2026). Pour les autres locaux, au-delà de 2 termes d'avance, la somme excédentaire produit des intérêts au profit du locataire. Dans tous les cas, il est rendu dans les 3 mois de la remise des clés.
État des lieux d'entrée et de sortie
Obligatoire depuis la loi Pinel (article L.145-40-1), établi contradictoirement à la prise de possession des locaux et joint au bail. Le bailleur qui n'a pas fait toutes diligences pour l'établir perd la présomption de bon état.
Inventaire précis des charges
Le bail doit comporter un inventaire des catégories de charges, impôts et taxes, avec leur répartition (article L.145-40-2), ainsi qu'un état prévisionnel des travaux.
Répartition des travaux
Le décret du 3 novembre 2014 interdit de mettre certaines dépenses à la charge du locataire (notamment les grosses réparations de l'article 606 du Code civil).
Loyer, révision et indexation
Le loyer initial est fixé librement entre les parties. C'est ensuite son évolution dans le temps qui est encadrée — un point souvent mal maîtrisé et source de litiges.
La révision triennale légale
Tous les 3 ans, chaque partie peut demander la révision du loyer (articles L.145-37 et L.145-38). La variation est en principe plafonnée à l'évolution d'un indice : l'indice des loyers commerciaux (ILC) pour les commerçants et artisans, ou l'indice des loyers des activités tertiaires (ILAT) pour les bureaux et activités tertiaires. Depuis la loi Pinel de 2014, l'indice du coût de la construction (ICC) ne sert plus à ce plafond ; une clause d'indexation peut encore le suivre (article L.112-2 du Code monétaire et financier).
La clause d'échelle mobile (indexation)
Le bail peut prévoir une clause d'indexation annuelle automatique, indexée sur l'ILC ou l'ILAT. Elle se cumule avec la révision triennale, mais un mécanisme de lissage limite les hausses brutales en cas de déplafonnement.
Déplafonnement
Le plafonnement peut être écarté (déplafonnement) en cas de modification notable des facteurs locaux de commercialité, ou pour les baux de plus de 9 ans. Le loyer est alors fixé à la valeur locative, ce qui peut entraîner une hausse significative — encadrée toutefois par un lissage de 10 % par an depuis la loi Pinel.
Les clauses à surveiller de près
Au-delà des mentions obligatoires, plusieurs clauses pèsent lourd dans l'équilibre du contrat. Les comprendre avant de signer évite de mauvaises surprises.
Clause résolutoire
Elle permet au bailleur de résilier le bail de plein droit en cas de manquement (loyer impayé, défaut d'assurance…). Elle ne joue qu'à l'expiration d'un délai de 1 mois après un commandement resté infructueux : le locataire dispose de ce délai pour régulariser.
Destination et déspécialisation
Changer l'activité exercée suppose une déspécialisation partielle ou plénière (articles L.145-47 et suivants), avec une procédure et parfois l'accord du bailleur. Une clause « tous commerces » évite ces démarches.
Sous-location
Elle est interdite sauf clause contraire ou accord du bailleur (article L.145-31). Une sous-location irrégulière est inopposable au bailleur.
Cession du bail
La cession est libre en cas de cession du fonds de commerce (toute clause l'interdisant à l'acquéreur du fonds est réputée non écrite). Le bail peut toutefois prévoir une clause d'agrément ou une garantie solidaire du cédant.
Les erreurs à éviter
Négliger l'état des lieux
Sans état des lieux d'entrée, le bailleur perd la présomption de remise en bon état : la restitution en fin de bail devient une source de litige.
Une destination trop floue ou trop rigide
Une destination imprécise ouvre la porte aux contestations ; une destination trop étroite bloque toute évolution de l'activité sans déspécialisation.
Oublier l'inventaire des charges
Sans inventaire précis et état prévisionnel des travaux, certaines charges ne sont pas opposables au locataire.
Mal caler la clause d'indexation
Une clause d'indexation qui compare l'indice sur une période plus longue que l'intervalle entre deux révisions est réputée non écrite (article L.112-1 du Code monétaire et financier). La révision triennale, elle, reste plafonnée à l'ILC ou à l'ILAT.
Bail commercial, professionnel ou dérogatoire : quelles différences ?
Selon votre activité et votre horizon, un autre contrat peut être plus adapté. Voici les principales différences :
| Critère | Bail commercial | Bail professionnel | Bail dérogatoire |
|---|---|---|---|
| Activité | Commerciale, artisanale, industrielle | Libérale (non commerciale) | Commerciale, courte durée |
| Durée | 9 ans minimum (3-6-9) | 6 ans minimum | 3 ans maximum au total |
| Droit au renouvellement | Oui (propriété commerciale) | Non automatique | Non |
| Révision du loyer | Encadrée (ILC/ILAT) | Librement fixée | Libre |
| Statut applicable | Articles L.145-1 et s. C. com. | Article 57 A loi de 1986 | Article L.145-5 C. com. |
Renouvellement, congé et fin du bail
À son échéance, le bail ne s'arrête pas automatiquement : il se poursuit par tacite prolongation tant qu'aucune des parties n'a délivré congé ni demandé son renouvellement. C'est ici que joue la propriété commerciale.
Le droit au renouvellement
Le locataire bénéficie d'un droit au renouvellement de son bail. Si le bailleur refuse de renouveler, il doit en principe verser une indemnité d'éviction (article L.145-14) qui compense la perte du fonds de commerce — sauf motif grave et légitime, ou reprise pour démolition/reconstruction dans les cas prévus par la loi.
Le congé
Le congé se donne au moins 6 mois à l'avance, pour le terme du bail ou, pendant sa prolongation tacite, pour le dernier jour d'un trimestre civil. Il se donne par acte de commissaire de justice, qui précise ses motifs à peine de nullité (article L.145-9). La lettre recommandée ne vaut que pour le congé triennal du locataire et la demande de renouvellement.
Droit de préférence du locataire
En cas de vente du local, le locataire bénéficie en principe d'un droit de préférence (article L.145-46-1) : il doit être informé en priorité et peut se porter acquéreur.
Questions fréquentes
Le bail commercial doit-il obligatoirement être écrit ?
La loi n'impose pas un écrit pour la validité du bail, mais un contrat écrit et complet est indispensable en pratique : il sécurise les deux parties, conditionne l'opposabilité de plusieurs clauses et permet d'annexer l'état des lieux et l'inventaire des charges devenus obligatoires depuis la loi Pinel.
Pourquoi parle-t-on de bail « 3-6-9 » ?
Parce que la durée minimale est de 9 ans et que le locataire peut donner congé à l'expiration de chaque période triennale (au bout de 3, 6 ou 9 ans), avec un préavis de 6 mois. C'est cette faculté de sortie à chaque période triennale qui donne son nom au bail.
Quel est le dépôt de garantie pour un bail commercial ?
Pour un local de commerce ou d'artisanat, il ne peut pas dépasser 3 mois de loyer et ne porte pas intérêt : c'est la règle des baux conclus ou renouvelés depuis la loi du 26 mai 2026 (article L.145-40 du Code de commerce). Pour les autres locaux, le montant est libre ; au-delà de 2 termes d'avance, la somme excédentaire produit des intérêts au profit du locataire. Le dépôt est rendu dans les 3 mois qui suivent la remise des clés.
Comment le loyer est-il révisé ?
Le loyer initial est libre. Il peut ensuite être révisé tous les 3 ans (révision triennale légale) et/ou indexé chaque année par une clause d'échelle mobile. La variation est en principe plafonnée à l'évolution de l'ILC (commerçants, artisans) ou de l'ILAT (activités tertiaires).
Qu'est-ce que le déplafonnement du loyer ?
C'est la possibilité, dans certains cas (modification notable des facteurs locaux de commercialité, bail de plus de 9 ans…), de fixer le loyer à la valeur locative réelle plutôt qu'à l'indice. La hausse est alors lissée à 10 % par an au maximum depuis la loi Pinel.
Peut-on sous-louer un local commercial ?
Non, sauf clause du bail l'autorisant ou accord exprès du bailleur (article L.145-31). Une sous-location consentie sans respecter ces conditions est irrégulière et inopposable au bailleur.
Le locataire a-t-il droit au renouvellement de son bail ?
Oui. Le bail commercial confère au locataire la « propriété commerciale », c'est-à-dire un droit au renouvellement. Si le bailleur refuse de renouveler sans motif grave et légitime, il doit verser une indemnité d'éviction destinée à compenser la perte du fonds.
Quelle différence avec un bail professionnel ?
Le bail professionnel est réservé aux activités libérales (non commerciales). Il dure 6 ans au minimum, n'ouvre pas automatiquement de droit au renouvellement et laisse plus de liberté sur le loyer. Le bail commercial, lui, s'adresse aux activités commerciales, artisanales ou industrielles et offre la protection du statut.
Le document généré est-il personnalisable et m'appartient-il ?
Oui. Vous répondez à des questions simples et le bail se rédige à partir de vos réponses. Vous téléchargez un PDF (et un format Word éditable) à votre nom, sans filigrane, conservé dans votre coffre-fort et prêt à être signé.
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Ce guide est fourni à titre d'information et reflète l'état du droit français applicable. Pour une situation complexe ou à fort enjeu, nous vous recommandons de faire relire votre document par un professionnel du droit.
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